Longboard — et l’aventure continue…

by Catherine Segat-Houle on 2015-09-01 Comments Off on Longboard — et l’aventure continue…

Le longboard n’est pas un sport de riches… La première course de la saison s’est déroulée à Killington, dans l’état du Vermont. Comme mon copain et moi devions revenir au Québec tout de suite après la course, nous nous sommes rendus en auto, tandis que le reste de l’équipe s’est rendu à bord du véhicule récréatif de l’équipe. Par contre, quelques pépins ont retardé leur départ, si bien qu’ils ont décidé de dormir sur la route, puis de se rendre à la course le lendemain. Le détail qu’ils avaient oublié, c’est que nous les attendions pour dormir! Leçon numéro 1 : ne jamais se fier aux autres et avoir une tente au cas où, car avec rien à proximité, dormir sur des bancs d’auto n’est peut-être pas la meilleure façon de débuter un weekend de compétition!

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Leçon numéro 1 : ne jamais se fier aux autres et avoir une tente au cas où, car avec rien à proximité, dormir sur des bancs d’auto n’est peut-être pas la meilleure façon de débuter un weekend de compétition!

Heureusement, la course en tant que telle s’est bien déroulée, sur un parcours extrêmement rapide atteignant 105 km/h. Nous avions préparé le coup en allant faire de bons entraînements de vitesse pour travailler notre stabilité et notre position aérodynamique, et par le fait même, notre endurance musculaire pour être capable de maintenir cette position pour la majorité du parcours de course.

Comme nous n’étions pas beaucoup de filles présentes, les organisateurs ont choisi de procéder par points, c’est-à-dire que nous faisions plusieurs descentes avec différentes personnes dans le but d’accumuler des points. Les 4 filles qui avaient le moins de points accédaient donc à la finale. J’étais très contente d’y accéder et de terminer 2e, et donc de décrocher un podium à ma première course de la saison!

Je n’ai malheureusement pas eu autant de chance à ma seconde course! La première Coupe du Monde se déroulait à Burke, toujours dans l’état du Vermont. Burke est un parcours très étroit, et extrêmement rapide compte tenu de la largeur. De plus, les durs hivers ont ravagé l’asphalte, qui est donc très abîmé par endroits. Comme le parcours est extrêmement étroit, les organisateurs ont choisi de faire des descentes à 2. Malheureusement, je suis tombée dès la première descente, laissant une victoire facile à mon adversaire. Ayant amorcé mon virage un peu trop tard, mes roues qui avaient déjà plusieurs descentes à leur actif ont dérapé plus que prévu et n’ont pas raccroché à temps pour me permettre de passer le virage. Heureusement qu’il y avait suffisamment de balles de foin!

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Je suis ensuite partie pour l’Ouest américain, pour Maryhill. Cette course-là, c’est du gros bonbon. C’est probablement le parcours le plus facile à descendre, mais la course la plus difficile à gagner. Comme il s’agit de belles grandes courbes lentes, tout est une question de lignes de course et de stratégie. Et bien sûr, une question de position aérodynamique! Cette année, c’était un peu aussi une question de résistance à la chaleur, car la température n’est presque pas descendue sous la barre des 40oC. Je vous le confirme, 40oC et plus avec un suit de cuir et un casque fullface, C’EST CHAUD! Heureusement que nous campions sur le bord de l’eau et que nous pouvions nous y rafraîchir à la fin de chaque journée de course! J’ai passé une superbe semaine à m’améliorer et à prendre des meilleures lignes de fois en fois. Tout ça jusqu’en demi-finales, où quelqu’un m’a fait tomber, me forçant donc à aller en finales de consolation, où quelqu’un m’a de nouveau fait tomber! Dire que j’étais de mauvaise humeur serait un euphémisme, mais comme on dit, ça fait partie de la « game »! Heureusement, résultat et performance sont 2 choses distinctes.

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Puis, la portion suivante du circuit de coupe du monde s’est déroulée en Europe. Nous nous sommes d’abord dirigés vers Lillehammer, en Norvège. Quel contraste de température avec Maryhill! Ma première nuit de camping n’ayant pas été concluante avec le vent, le froid et mon petit rhume, nous avons décidé de louer un petit appartement au pied de la piste de course. On sous-estime souvent les petits plaisirs de la vie tels que prendre une douche, cuisiner un bon repas et dormir dans un lit douillet! Après avoir pratiqué toute la première journée avec un immense vent de face, le vent a décidé de se calmer pour la journée de qualification, rendant le parcours beaucoup plus rapide. Il fallait donc amorcer les freinages plus tôt, car le vent n’était plus là pour nous ralentir lors des entrées de courbes. Il m’a fallu quelques sorties de piste pour finalement réapprivoiser le parcours et faire le 3e meilleur temps chez les femmes. Je suis très contente d’avoir finalement décroché une 2e place, mon premier podium en coupe du monde… même s’il n’y avait ni podium, ni vraies médailles!

Cassandra Podium

Je suis très contente d’avoir finalement décroché une 2e place, mon premier podium en coupe du monde… même s’il n’y avait ni podium, ni vraies médailles!

Après la course, nous avions quelques jours de libres en Norvège avant de nous envoler pour la République Tchèque. Nous en avons profité pour faire du longboard, du longboard et… du longboard! Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de pratiquer notre sport préféré dans des fjords à couper le souffle, nous en avons donc profité comme jamais! En plus, c’est probablement la seule chose qui ne coûte pas un bras et une jambe dans ce pays 😉
photo 2C’est le ventre plein de saumon que nous nous sommes dirigés vers la République Tchèque pour la prochaine étape, Kozakov. La première chose qu’on s’est dite en arrivant : « Mais c’est donc bien pas cher! » Le contraste était fou. On passe de « manger des cannes de thon matin-midi-soir » à « table d’hôte avec champagne » (ou presque!). Après quelques jours à faire les touristes à Prague, nous nous sommes dirigés vers Kozakov pour la course, où j’ai répété le même modèle qu’à Lillehammer : journée de qualification très difficile, beaucoup de découragement pour finalement réussir une bonne descente et terminer avec le 4e meilleur temps chez les femmes. La journée de course s’est super bien déroulée pour moi, car j’ai terminé première à toutes mes descentes… jusqu’en finales! Il a fait beau toute la journée puis quelques minutes avant la finale, le déluge! Nous avons des roues avec des rainures, un peu comme des pneus d’automobile pour mieux performer dans ces conditions. Par contre, comme je n’ai que rarement l’occasion (et l’envie!) de me pratiquer dans la pluie, j’ai eu extrêmement de difficulté et j’ai dû me contenter de la 4e place, après avoir visité les balles de foin à presque chaque coin!

Nous voilà donc à la fin de l’été. Il ne reste que très peu de courses auxquelles je pourrai participer. Bien sûr j’aimerais continuer de voyager et aller courser en Amérique du Sud, mais mon portefeuille en a décidé autrement. Paraît-il qu’il faut travailler, dans la vie. 😉 Je serai donc disponible pour vous traiter en massothérapie et en kinésithérapie à la Clinique HPH.

Catherine Segat-HouleLongboard — et l’aventure continue…